LA  UNGHER...
d iva de l'opéra romantique                      

 

dite Karolina
ou Caroline Ungher-Sabatier
MEZZO SOPRANO et SOPRANO
Vienne 28.10.1803 - Florence 23.03.1877 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Texte de Françoise B.

 

                                                          L’espiègle, l’effrontée, la juvénile   

« comme à mes quinze ans »   

La troublante, l’innocente, l’enamourée

La fervente, l’amante, la passionnée

Ensorceleuse, talentueuse

Comédienne, musicienne

Tragédienne lyrique

Les plus grands rôles, une femme, une voix

 

Légendaire UNGHER

…Ô diva !

 

Caroline fait ses études  à Vienne  avec Aloysia Lange-Weber, J.M. Vogl et à Milan avec le ténor D. Ronconi. Elle débute à la scène au Hofoper de Vienne en 1821 dans de petits rôles, puis Tancredi et cosi fan tutte (Dorabella) de Mozart (24.02.1821) ; elle y crée Abufar de Carafa (1823).

 

Le 7 mai 1824, c’est la création de  la 9° Symphonie et la Missa   Solennis avec Beethoven en personne à côté du chef d’orchestre. Complètement sourd, le compositeur ne peut entendre les longs applaudissements de la salle enthousiaste. Caroline  le prend par la main et l’amène à se retourner vers le public en liesse, pour constater son triomphe. Entre le maître et l’interprète une amitié charmante s’était nouée. Elle était sa «  jolie sorcière » dont la fougue, le franc parler et l’espièglerie le ravissaient.

 

 

Rossini alors directeur du Théâtre de Vienne  pousse la jeune Caroline à rejoindre la patrie du Bel Canto. Elle effectue ainsi ses trois premières saisons au Théatro San Carlo de Naples (1825-27) où elle  crée Niobe de Pacini et el borgomestro di Sardaam de Donnizetti.


 

En 1827, elle rejoint la Scala de Milan pour chanter Elisabetta  et, toujours de Rossini, Rosine du Barbier de Séville, puis Sémiramis et le Pirate de Bellini, Anna Bolena de Donizetti ; elle y crée  la straniera de Bellini (14.02.1829)

 

C’est dans cet opéra que Stendhal  découvre Caroline à Trieste durant l’hiver 1830-31. Il lui fait une cour enjouée :« Elle est admirativement jolie, et chante comme une française très forte »Il  félicite de son intelligence celle « qui avait connu tous les diplomates de son temps » mais lui reproche d’être « trop forte en mathématiques » ! En vérité Stendhal ne supportait pas d’être battu au jeu du « onze et demi » ... par une femme !

A partir de 1833, Caroline se produit régulièrement à la Pergola à Florence, une fidélité et un attachement à cette ville qui se concrétiseront bientôt par l’achat du Palais via San Renaï et de la Villa la Concezione dans la campagne florentine. Donizetti, son auteur favori, écrit pour elle: Parisina (1833), Belisario (un triomphe à la Fenice pour l’interprète et le compositeur le 4 février 1836) et Maria di Rudenz (1838) Elle sera aussi la sublime et déchirante LUCIA de Lucie de Lammermoor, et chantera l’Elizir d’amore. De Mercadante, le compositeur romantique qui  prend la relève, Caroline crée Le Due Illustri Rivali  en 1839.

L’hiver 1833-34, le Théâtre - Italien à Paris accueille Karolina, ambassadrice de la musique de la péninsule pour le public français, avec deux opéras de Bellini Le Pirate, et Capuletti (rôle de Roméo toujours joué par une femme)  mais encore  Don Giovanni de Mozart (mémorable Zerline) et enfin La Dame du lac de Rossini ( en Malcom rôle de travesti).

Quelques jours après la mort de Bellini (septembre 1835), Caroline, toute à son « aventure d’amour » - ardente et brève, secrète et déçue - pour Alexandre Dumas, chante NORMA…

 « J’ai chanté Norma  - avec un immense succès hier

 parce que dans la cavatine où je rappelle Pollion dans mes bras,

je pensais à toi et j’étais inspirée d’amour ! »

Caroline

Palerme, 13 octobre 1835

Lettre à Alexandre Dumas

A 36 ans, après quinze années d’absence, Caroline retourne à Vienne où elle est accueillie triomphalement. Mais elle doit bientôt fuir un fantasque et tourmenté fiancé, le poète Nicolas Lenau et rejoindre Rome pour chanter au Théâtre Valle Furio Camillo de Pacini ...

 

Juste....le temps de croiser Franz Liszt qui venant de se séparer de Marie d’Agoult s’éprend (du talent) de Caroline :

« une sublime  cantatrice »

 « Dès qu’elle se met à chanter, elle vous émeut et vous tient sous le charme, elle vous fait pleurer, désirer et vibrer avec elle. » 

 

 

... et ( enfin ! )

le temps de sa rencontre avec le très jeune peintre et poète

François Sabatier …d’Espeyran

qu’elle épouse à Florence le 18 mars 1841.

 

 

 

 

 

 

François son époux à 20 ans

 

Caroline doit honorer trois années de contrats qui mèneront les jeunes époux à Munich, Vienne, Berlin, Dresde. C’est dans cette ville , en 1843 qu’elle fit ses adieux à la scène, recevant les plus  somptueux cadeaux, à l’issue d’une reprise du Bélisaire, de Donizetti.

 

 

Une dernière fois, conviée par le Roi de Prusse à la Cour, Caroline chantera devant un parterre prestigieux le 4° acte des Huguenots de Meyerbeer (alors directeur musical à la Cour) qui éclate d’enthousiasme pour son interprète !

 

Si elle renonce à la scène, où elle venait de passer plus de vingt années, Caroline n’en abandonne pas pour autant la musique. A Florence et à la Tour de Farges, elle se consacrera désormais à l’enseignement du chant, et au coaching de jeunes interprètes avec la même ardeur mise à interpréter tous ses rôles. Elle composera des lieder pour ses amis et sa fille adoptive (née en 1835 ) Louise et se produira en concert jusqu'en 1869 – jusqu’au déchirement franco-allemand  de 1870 qui la bouleversera profondément ainsi que son époux François. 

Sa musicalité, sa remarquable virtuosité, son grave puissant, son brio, son colorature dans tous les registres, lui permirent de triompher du répertoire le plus large : Opéra bouffa, opéra séria, opéra belcantiste, plus de 130 rôles ! Elle fut identifiée à de nombreuses héroïnes, reconnue du public, ovationnée et aimée pour sa grande fraîcheur, son jeu émouvant et sobre, une présence envoûtante.

En 1860 Rossini soulignait  le caractère hors pair de la cantatrice en s’écriant

 

"Ardeur du Sud,

énergie du Nord,

poitrine de bronze,

 voix d’argent,

et talent d’or ! »

 

 

Des exemples de compositions

1-Faith in spring de Karoline Ungher-Sabatier par Susan Gritton

2-The Nightingale de Johann Karl Ungher par Susan Gritton

 

 

 

L’écriture : François Sabatier Le Faust de Goethe  Traduction 

 

     photo                              texte

  Pierre Sabatier       Rencontre à Trieste

                                La gazette Musicale de suisse romande

                                Impression d'Italie